Lire l'article
« Pourquoi payer des licences alors que ChatGPT m'a fait un dashboard en cinq minutes ? » Cette question, nous l'entendons désormais à chaque session de formation. Le phénomène qui la provoque a un nom : le vibe coding. On décrit en langage naturel le tableau de bord que l'on veut, un assistant écrit le code, et l'application s'ouvre dans le navigateur. La première fois, c'est bluffant.
Alors, a-t-on encore besoin d'un outil comme Power BI ? Chez MYPE, nous formons sur Power BI depuis ses débuts et nous enseignons aussi Python : nous n'avons aucun camp à défendre. Notre réponse tient en une phrase : le vibe coding et Power BI ne jouent pas dans la même catégorie, et l'arrivée de Copilot dans Power BI rend l'opposition encore moins pertinente. Ce guide complet vous aide à savoir quand utiliser l'un, quand utiliser l'autre, et surtout comment les combiner.
Infographie « Power BI peut-il être détrôné ? » :Extraite du livre Microsoft Power BI en images, p. 194 (voir le livre sur Amazon).
Popularisé début 2025 par Andrej Karpathy, cofondateur d'OpenAI, le terme désigne une façon de programmer où l'on ne lit presque plus le code. On décrit le résultat attendu, un assistant d'intelligence artificielle le génère, on teste, on corrige par la conversation, et l'on recommence.
Côté data, le scénario type ressemble à ceci : un export CSV glissé dans Claude ou ChatGPT, une consigne du genre « un dashboard des ventes par région avec un filtre par mois », et quelques minutes plus tard une page HTML ou une petite application Streamlit en Python. Des environnements comme Cursor ou Claude Code vont plus loin et construisent de véritables applications connectées à des bases de données. La promesse : analyser et visualiser ses chiffres sans écrire une seule ligne de code.
Inutile de le nier : sur certains terrains, le vibe coding est imbattable.
Les ennuis du vibe coding ne commencent pas le premier jour, mais le trentième. Le dashboard est toujours aussi beau, mais plusieurs questions surgissent.
Infographie « Ce dont vous ne profiterez pas si vous n'avez pas de licence payante Power BI » : Extraite du livre, p. 69. (voir le livre sur Amazon)
Toute la force de Power BI comme outil de reporting tient dans un flux de travail qui sépare préparation des données, modélisation des données et visualisation. Un rapport Power BI n'en est que la partie visible : derrière, les requêtes de préparation, le modèle et les mesures garantissent des données fiables. Chaque indicateur est calculé une fois, puis consommé par les rapports, par Excel et désormais par les assistants. C'est exactement ce qui manque au dashboard improvisé : une source de vérité unique.
L'éditeur n'a pas regardé passer la vague. Power BI Copilot apporte le langage naturel directement dans l'environnement que vos équipes connaissent déjà. Concrètement, l'assistant sait :
vidéo : comment utiliser Copilot dans Power BI ?
Depuis la fin de l'été 2026, l'intégration va plus loin : Microsoft 365 Copilot répond aux questions que se posent les utilisateurs en s'appuyant sur vos rapports et votre modèle, dans le respect des droits d'accès existants. Un directeur peut ainsi interroger ses chiffres depuis Teams ou Outlook, sans ouvrir le moindre tableau de bord Power BI interactif.
Un bémol, et il est de taille : l'assistant ne fait pas de miracles sur un modèle de données Power BI mal conçu. Tables en vrac, colonnes nommées « Col1 », mesures implicites : ses réponses deviennent approximatives, voire fausses. C'est d'ailleurs pourquoi l'éditeur a ajouté des fonctions pour préparer le modèle à l'assistant : instructions métier, réponses vérifiées, choix des champs exposés. Pour aller plus loin, consultez la fiche Copilot de notre lexique Power BI.
C'est la première question de nos clients, et la réponse surprend souvent : beaucoup d'équipes découvrent qu'elles ont besoin d'une licence de capacité, et pas seulement d'abonnements Pro. En résumé :
Chaque question posée consomme des unités de capacité. Sur une petite capacité qui gère aussi vos actualisations, un usage intensif peut tout ralentir : à budgéter avant de généraliser. Le vibe coding, lui, paraît gratuit… jusqu'à ce qu'on compte les heures de maintenance.
C'est le point le plus sous-estimé du débat. Un collaborateur qui glisse un export clients dans un assistant grand public pour « faire un dashboard vite fait » fait sortir ces données du périmètre de l'entreprise. Selon l'abonnement utilisé, elles peuvent être conservées, voire servir à entraîner des modèles. Pour des données RH, financières ou clients, c'est souvent incompatible avec le RGPD comme avec la politique de confidentialité de l'entreprise.
L'assistant intégré, lui, travaille dans votre tenant : il respecte les permissions en place, RLS comprise, et vos données ne servent pas à entraîner les modèles de fondation. Elles restent dans l'écosystème Microsoft que votre DSI a déjà validé et sécurisé.
Le vibe coding n'est pas condamné pour autant : avec une offre entreprise ou des données anonymisées, il redevient acceptable. Simplement, la question doit se poser avant, pas après.
Vibe coding ou assistant intégré, une règle ne change pas : la qualité de la réponse dépend de la qualité des données. Un modèle bancal produit des chiffres faux, qu'il soit interrogé par un humain, un script ou un agent. C'est là que se joue l'essentiel du travail, et c'est là que l'automatisation aide le moins.
Ce sont les meilleures pratiques que nous enseignons en formation, et elles valent pour tous les ensembles de données, quelle que soit leur taille. Si votre vue Modèle ressemble à un plat de spaghettis, notre article trop de tables dans la vue Modèle : comment remettre de l'ordre vous aidera.
Bonne nouvelle : ces compétences ne sont pas réservées aux développeurs Power BI. Si vous pratiquez déjà Power Query dans Excel ou Power Pivot dans Excel, vous connaissez la moitié du chemin, car ce sont les mêmes moteurs.
Opposer les deux approches est, au fond, une fausse question. Les équipes data les plus avancées font déjà du vibe coding… à l'intérieur de leur projet Power BI.
Résultat : la rapidité du vibe coding, avec la gouvernance d'une vraie plateforme. Le meilleur des deux mondes, et sans doute l'avenir du métier.
| Critère | Vibe coding | Plateforme BI + assistant intégré |
|---|---|---|
| Vitesse pour un prototype | Excellente | Bonne |
| Liberté de design | Totale | Encadrée par les visuels |
| Actualisation automatique | À coder soi-même | Native |
| Droits par utilisateur | À coder soi-même | RLS native |
| Cohérence des indicateurs | Variable d'une génération à l'autre | Mesures centralisées |
| Maintenance à six mois | Difficile | Standard |
| Sécurité des données | Dépend de l'abonnement | Dans votre tenant |
| Coût | Faible au départ | Capacité payante pour l'assistant |
En pratique : le vibe coding pour explorer, prototyper et répondre à un besoin ponctuel ; Power BI pour tout ce qui est opérationnel, partagé et récurrent : les tableaux de bord de pilotage, les indicateurs clés suivis chaque semaine, les rapports diffusés à des dizaines de personnes.
L'avantage concurrentiel ne viendra pas de la technologie choisie, mais de la capacité de vos équipes à transformer des données brutes en informations exploitables, puis vos données en décisions. Les assistants accélèrent le travail ; ils ne remplacent ni la connaissance du métier, ni la rigueur de la modélisation.
Nos recommandations :
Chez MYPE, nos formations couvrent toute la chaîne : apprendre Power BI de zéro, maîtriser la préparation et la transformation de données, puis intégrer les nouvelles capacités des assistants à votre quotidien, du MCP Server à Copilot. Toutes nos sessions se déroulent sur vos propres données, pour que vos équipes repartent avec les rapports Power BI dont elles ont réellement besoin.
